Article publié depuis Overblog

Publié le 18 Mars 2013

2. Mirra Alfassa, dit la Mère (1878-1973)

Cette biographie repose essentiellement sur « ma » lecture du livre intitulé La Mère L’histoire de Sa vie, de Georges Van Vrekhem, éditions Latin Pen-Auroville, traduit de l’anglais par Raymond Thépot ainsi qu’un d’accompagnement musical qui reflétera, je l’espère au mieux, son parcours de vie.

Blanche, Rachel, Mirra Alfassa, née le 21 février 1878 d’un assemblage cellulaire interculturel entre un père turc et une mère égyptienne, va connaître tout au long de son parcours de véritables aventures…cellulaires. Elle naquit au sein d’une cellule familiale bourgeoise installée à Paris ; fréquenta les écoles privées, les ateliers d’artistes, des groupes d’occultistes et traversa par voie maritime de nombreux océans. Femme libérée et indépendante, comme l’était sa grand-mère, elle sera mariée deux fois et divorcera aussi deux fois. Intéressant, pour une femme du début du XX°siècle !

Elle connaitra, expérimentera et empruntera durant sa vie, trois grands courants qui marqueront à tout jamais son histoire de vie, sa pensée, son action (sadhana) et ses cellules. Les courants : impressionniste, occultiste et « évolutionniste spirituel ».

Comme toujours dans une vie, les expériences qui construiront son cheminement seront le fruit de rencontres de personnes extra-ordinaires, dans le sens différent de l’ordinaire, mais aussi extraordinaires.

Résumé succinct de ses rencontres, expériences et conséquences sur son cheminement personnel.

1. Mariée au peintre Henri Morisset, dont elle aura un enfant, amie des plus grands peintres impressionnistes de l’époque, artiste-peintre elle-même, elle manipulera et travaillera toute sa vie la matière, les couleurs afin de toujours se rapprocher de la Beauté. 

 

La matière, le physique

2. Vivant de multiples expériences occultes depuis son jeune âge, elle comprendra et maitrisera l’art initiatique et occultiste grâce à la rencontre du couple Themanlys Louis et Claire, de Charles Barlet ainsi que  Max théon et sa femme Alma. Ces deux grands initiés, liés à « la très vieille Tradition », lui apprendront à se rapprocher du Divin par d’autres moyens que le commun des mortels et ainsi transmuter au sens alchimique du terme. Ce parcours initiatique lui donnera la possibilité d’expérimenter d’autres plans d’existence, de se battre également contre les forces adverses comme les asouras par exemple et de l’aider dans son ascension vers le supramental et sa descente au sein des cellules … 

 

 

La matière sombre, la matière invisible

Cette époque de vie est marquée aussi par deux personnages qui influenceront son destin, sa lecture de la vie et l’amèneront à la rencontre de l’Asie. A savoir son second mari, Paul Richard, franc maçon, qui lui fera traverser les océans. On retiendra qu'il l’amènera à la découverte  des beautés des formes végétales, architecturales lors de son périple japonnais mais aussi de l’Inde et plus particulièrement Pondichéry où séjournait Sri Aurobindo. Puis, on trouve Alexandra David-Neel, franc-maçonne également, qui sera une de ses grandes amies de cœur, de pensée et d’énergie. 

Le vital

3. Destinée à vivre une vie où tu es « au bon endroit au bon moment », elle rencontrera ainsi de manière physique et spirituelle (même si elle avait déjà vu auparavant dans plusieurs rêves et expériences occultes) Sri Aurobindo et son yoga « évolutionniste ». Si on peut facilement les rapprocher du côté sociologique de leurs existences respectives: issus tout deux, de familles bourgeoises aisées, élevés pour réussir et obtenir les privilèges de notre société, tous deux 1° de la classe, parents qui privilégient les meilleures écoles et qui leur prédisent un brillant avenir. Ils se sont surtout rencontrés spirituellement. A partir de 1920, Mirra partagera totalement avec Sri Aurobindo ses expériences spirituelles, la tenue de son Ashram qu’elle va développer jusqu’au point qu’aujourd’hui encore, il fait partie des grandes « entreprises » qui prospèrent à Pondichéry (n’oublions pas que Mirra avait un père banquier qui lui a transmis certainement, même d’une manière indirecte, les compétences de gestionnaire) et enfin et ce n’est pas rien le quotidien de nombreux disciples, dévots de l’Ashram et plus tard d’Auroville.

Le supramental

4. Pourquoi Mirra Alfassa devient La Mère ? On peut l’entendre comme la Mère de ses disciples ou celle de l’humanité à venir ou encore selon moi, la cellule mère.

Jusqu’à sa quatre-vingt quinzième année, La Mère va expérimenter « le yoga des cellules » que l’on peut définir comme  la volonté de transformation de l’homme à l’intérieur même de sa biologie la plus subtile dans le but de le faire accéder à des plans supérieurs de conscience. Tout le processus qui est censé nous amener vers la nouvelle espèce et  toutes les expériences corporelles et spirituelles que vivra la Mère, seront consignés par Satprem, autre français, (à découvrir absolument). Il prendra soin de les écrire et de les enregistrer (cette œuvre se trouve dans l’Agenda de la Mère). On retiendra aussi de ce yoga qu’il permet de donner « à l’ensemble de nos cellules corporelles un nouveau mode d’être », (Satprem, 2003), de nous mettre sur un autre type de vibration (divine), et qu’il a pour finalité de faire évoluer notre espèce. Selon la Mère, les moyens pour y parvenir (pour rappel) sont de descendre dans son corps afin de conscientiser toutes les couches physiques, vitales, mentales, supramentales qui s’y trouvent. D’aller même jusqu’à la conscience cellulaire! Dit autrement, y’a du boulot…

 

Le mantra, l'éveil de la conscience cellulaire

5. Elle décédera ou quittera son corps comme on dit en Inde, le 17 novembre 1973, à l’âge de 95 ans. Elle sera enterrée dans la cour de l’ashram à côté de Sri Aurobindo.

Finalement, on peut retenir que Mirra Alfassa recherchera et trouvera tout au long de son parcours la Lumière ; que cette chercheuse de la nouvelle espèce sera la pionnière dans la descente au sein de la conscience cellulaire, qu'elle sera la créatrice d’Auroville dont elle élaborera la charte (sorte de prescription pour tous ceux et celles qui désirent vivre au quotidien le yoga intégral) et qu’elle est et sera, au final, le moteur, le phare, l’énergie qui permet aux auroviliens, auroviliennes et autres personnes disséminées par le monde d’avancer, de continuer, de tracer le sillon dans lequel, elle s’est engagée durant toute son existence. Pour reprendre une expression des alpinistes (autres grimpeurs des hauteurs de la matière), elle nous a ouvert "la voie"….de l'expérience cellulaire.

L'unité humaine

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article