Histoire de vie de deux êtres multicellulaires.

Publié le 18 Mars 2013

           Les fondations de cette cité reposent sur l'histoire de deux êtres multicellulaires, sur  leur rencontre et leur travail commun. Un homme, une femme. Ce couple spirituel cherchera, dans cette première moitié du vingtième siècle, d'expérimenter et de réaliser à leur niveau, l'unité humaine.

Ces deux personnages se nomment Sri Aurobindo, le Sage, l'indien et Mira Alfessa, la Mère, la française. 

Une rencontre cellulaire entre l'occident et l'orient va ainsi commencer.

Comprendre Auroville, c'est alors comprendre respectivement leurs histoires, pensées, trajectoires, actions, pour mieux saisir leur projet, leur cadre théorique et pratique, comme on dirait chez nous! Ce qui suit à présent n'est qu'une lecture bien personnelle de leurs parcours respectifs. Je m'excuse par avance auprès de tous les spécialistes si des histoires plus ou moins vraies, ou plus ou moins fausses se sont glissées dans les paragraphes suivants.

1. Shrî Aurobindo (1872-1950)

 

a) Du petit gars, premier de la classe au contestataire.

Le parcours de Sri Aurobindo pourrait tout d’abord être qualifié de « Classique ».

Elevé dans une famille bourgeoise de la caste des kshatriya (la deuxième caste de l'Inde après les brahmanes), le petit Aurobindo Ghose montre durant son enfance et adolescence des capacités cognitives "hors normes" qui l’aménèront logiquement vers des études dites "brillantes". Son père, médecin, lui finance ses études dans les écoles les plus prestigieuses d' Angleterre. Jusque là rien de nouveau. Bon, il est premier, il est apparement surdoué, il assure. Comprenant aisément, comme tous les excellents élèves par ailleurs, ce que lui demande tous les enseignants, il obtiendra les diplômes qu’il faut,  pour obtenir un métier qui t'assure la sacro-sainte reconnaissance sociale et les moyens financiers qui vont avec. Jusque là rien de nouveau. Les thèses sociologiques, qui sont toujours d'actualité par ailleurs, de Bourdieu ou de Boudon se confirmeraient une fois encore dans cet exemple. D'un côté, Ghose a hérité du fameux capital social, économique et culturel et autre habitus de sa classe sociale ou caste  (thèse bourdieusienne) et d'un autre côté, le fait que papa Aurobindo ait choisi consciemment l'Angleterre et la fameuse Cambridge et ses célèbres professeurs  (Thèse boudonnienne) ont facilité bien évidemment la réussite du fiston. Ensuite et presque "naturellement", il obtient à la sortie de sa grande école, son premier contrat. On dit de lui qu'il est formidable, qu’il comprend vite, qui l’écrit bien, qu’il pense bien etc. Jusque là rien de nouveau. Mais le néo salarié, assis sur son petit bureau, réfléchit  et commence à comprendre que tout ce qui est mis en place dans notre chère société est un peu verrouillé. Il se parle à lui-même "T’as eu tes diplômes comme papa te l’avait demandé, t’as eu un job en lien avec tes compétences, tu es riche, tu es même marié, mais entre ce que tu voudrais, ce que tu ressens, ce que tu crois de l'avenir de l'être humain et ce qu'est la  société, il existe un écart effroyable". Il saisit alors que les hommes se distinguent en deux grandes catégories. (Petit moment de généralité) .Ceux du dessus, c'est à dire, les  petits chefs de toutes sortes, les grands chefs politiques, économiques, religieux et autres sérénissimes grands chefs. De manière à préserver leurs privilèges et propriétés, ce "clan" de grands chefs créent et verrouillent tous les systèmes pour que, surtout, surtout, rien ne bouge et n’évolue sur le plan du mental (auquel ils se rattachent pour créer des vérités qu'ils imposent à la masse). Et ceux du "dessous"qui subissent, se résignent, s'éffondrent, crient parfois au scandale, en font une maladie mais ne bougent pas plus et n'évoluent pas plus que ceux d'en haut. Et là, il faut bien l’avouer, ce constat l' étouffe. Il goûte ainsi, comme d'autres l'ont gouté, le gouttent et le goutteront, au joie de l’enfermement, de l'enkystement comme le poisson l'avait déjà bien saisi lorsqu'on le mit, un beau jour, dans un bocal. Bref, il constate que premièrement, les hommes ont placé  et dissiminé des frontières physiques et mentales un peu de partout et que deuxièmement, il vit toujours dans un monde dominé par la violence, le pouvoir, les discriminations, les égos de tout un chacun... Il se répète alors " Ça tourne pas bien rond cette histoire".  Bref, jusque là rien de nouveau.

 

 

 

 

Le noir, le blanc, la dualité ou la complémentarité?

Rédigé par martial

Publié dans #Aurobindo, #contestation, #multicellulaire

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